TEKI LATEX

Entrons dans le vif du sujet. “Les matins de Paris” en duo avec Lio est annoncé de partout comme le tube de l’été 2007. Tu te dis:
A/ Enfin ! (Soupir)
B/ Pourquoi pas ! (Lucide)
C/ C’est mon banquier qui va être content ! (soupir et lucide).

TEKI LATEX : Alors je me dis plutôt A/ mais en même temps bien entendu je pense à mon banquier, mais la vérité c'est que cette année il n'y a pas eu d'été. “Les matins de paris” est rentré en radio très tard donc je dirais qu'il est plutôt en passe de devenir le tube de septembre, mais il parait que l'été va commencer en septembre alors ça tombe bien je suppose.

Avec TTC tu te produis depuis une dizaine d’années sur la scène Rap. La question que l’on se pose bien évidemment est: comment est né cet album “Party de plaisir”, de quel désir en particulier, puisque cet album semble plus commercial que les précédents, ne serait-ce que par la communication via le web (MySpace...).

TEKI LATEX : Je ne pense pas qu'on puisse juger de la portée commerciale d'un album via MySpace. L'album est né d'une envie de devenir le Justin Timberlake gros français. Avec TTC nous avions déjà des ambitions pop mais nous tenions tout de même à ne pas abandonner notre contrainte "rap de club". Avec mon solo je me donne l'autorisation de partir à fond dans mon truc pop.

Es-tu conscient du potentiel commercial de cet album ?

TEKI LATEX : Oui j'en suis conscient mais est-ce que le reste du monde en est conscient ? J'ai fait cet album pour qu'il devienne vraiment quelquechose d'énorme.

Ton look ne passe pas inaperçu. Tu possèdes même un t-shirt aux couleurs de l’album. Tu as déclaré dans une interview ne t’habiller qu’avec des vêtements de marque. Allez, une question “psy de comptoir”. Que t’apporte l’image que développe ces marques ? En d’autres termes, que t’apporte de t’habiller avec des marques ?

TEKI LATEX : Si tu as les moyens de t'habiller avec des marques, il n'y a vraiment aucune raison de ne pas le faire. Un polo Lacoste, c'est la classe. C'est solide, ça dure toute ta vie, ton grand père en portait un, ta petite sœur aussi, les golfeurs, les cailleras en portent, moi ça fait partie de ma culture. Lacoste, Ralph Lauren, Kangol, Nike, Ray Ban, Sixpack, pour moi ce sont des marques qui ne te trahissent pas. Je tiens peut être ça du rap, c'est une notion assez importante pour les gens du rap qui sont obsédés par les marques et le namedropping de marques. Toutes les marques que j'ai cité sont des marques "officielles", j'ai l'impression que certaines marques ne sont pas "officielles". Porter des vêtements sans marque ou avec des marques pourries c'est comme être une version "non officielle" d'un être humain. Une version bootleg.

Les mauvaises langues vont encore dire que c’est pour être habillé gratis !?

TEKI LATEX : Tu crois que je préfère payer cher des vêtements de merde alors que je peux avoir des vêtements bien gratuitement?

Lio, dont tu es fan, débute sa carrière alors que tu es encore bébé. Quels sont tes premiers souvenirs de Lio à la télévision ?

TEKI LATEX : “Banana Split” bien entendu, et “Tétéou”, son duo avec Jacky.

Durant toute sa carrière, Lio a exploré différentes facettes musicales. Avec le recul et plus de 25 ans de carrière à son actif, quelle est la période Lio que tu préfères ?

TEKI LATEX : La première sans hésitation. La période où elle était au top des charts tout en faisant produire son album par Telex, groupe belge qui accessoirement contribuait à l'invention de la musique électronique à travers des titres comme “Moscou diskow”, aujourd'hui cités par tous les grands de la techno, de Jeff Mills à Justice. La période où Lio collaborait à la fois avec Jacky et avec Jacno. Elle avait un pied dans le mainstream et un pied dans l'underground, et c'est le genre de truc qui m'inspire beaucoup.

Cette nouvelle notoriété t’apporte des moyens financiers plus élevés pour travailler les projets à venir; d’un autre côté qu’elle est la réaction de EMI ta maison de disques. EMI a -t-elle des exigences nouvelles ?(Les majors sont réputées comme intraitables lorsque les artistes prennent de l’ampleur !)

TEKI LATEX : Je ne remarque pas de différence dans la manière qu'à EMI de me traiter. Ils se battent toujours à fond pour mon truc, c'est cool.

TTC traverse les frontières, notamment en Grande-Bretagne et au Canada où le succès est vif. Le public français semble plus frileux. Notes-tu cette différence ?

TEKI LATEX : Non, j'ai pas l'impression que le public français est frileux quand on remplit la Cigale et que les gens sautent jusqu'au plafond. Les français nous aiment et nous le montrent sans cesse mais c'est vrai qu'au Québec, c'est juste la folie, nous sommes Michael Jackson, on ne peut pas marcher tranquillement dans la rue et la dernière fois que j'ai fait de la promo là bas ils m'ont collé un garde du corps pour de vrai.

Le phénomène Teki Latex révélé par “les matins de Paris” est une bonne carte de visite pour les activités du groupe TTC. Les concerts ont-ils été multipliés par deux ?

TEKI LATEX : On a plutôt envie de faire une pause avec TTC. On tourne non stop depuis 5 ans et on en a un peu marre d'être tout le temps les uns sur les autres, on a envie de prendre le temps de bien bosser nos projets solos pour revenir en tant que TTC un peu plus tard.

Je suppose que l’exploitation commerciale de cet album “Party de Plaisir” va se poursuivre. Parlez vous avec le staff EMI du prochain single ? Et peut-on connaître le titre éventuel ?

TEKI LATEX : Rien n'est encore défini mais "Petite fille qui ne veut pas grandir” (avec katerine) et “Go go go” sont de bons concurrents.

Puisque nous sommes dans les projets et que je sais que tu regorges d’activités, peux-tu nous parler des projets à venir, en solo et avec TTC ?

TEKI LATEX : Pour ce qui est de mon solo je compte me mettre à bosser un live, avec un groupe de "vrais instruments" pour m'accompagner sur scène, et éventuellement tourner à partir de cet hiver. Je m'occupe aussi d'un label de musique électronique que j'ai co-fondé, qui s'appelle Institubes. On vient de sortir la B.O. du film “Naissances des pieuvres”, composée par Para One. On sort des disques de Surkin, Midnight Juggernauts, et plein d'autres artistes très cool cette année.

http://www.myspace.com/tekitek

Propos recueillis par Patrick Roulph pour LeGuideGay.com