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L’album s’ouvre sur “Nul ne sait”.
Cette chanson est pour moi la plus belle chanson écrite
avec Fabien mais aussi Edouard Germinet. Nous étions justement
chez Edouard, dans son studio, l’ambiance était bonne,
nous étions tous en très bonne forme. Je demande
alors à Fabien s’il n’a pas un play back non
utilisé, j’avais envie de chanter, de créer.
Fabien m’a alors proposé le play back de “Nul
ne sait”. J’ai créé la mélodie,
commencé à poser quelques paroles... Ce fut un moment
magique. Ce jour-là, il s’est passé quelque
chose de beau, de magique.
Tu vis dans le sud de la France, en drôme provençale,
Fabien à Paris. Comment avez-vous travaillé ?
Une partie des titres s’est faite à distance, puis
ensuite quand il a fallu finaliser le travail, Fabien descendait
à la maison, j’ai un home-studio 24 pistes avec lequel
nous travaillions. Fabien venait avec son synthé, ses programmations.
Le visuel de ce double album est inspiré de la
coupe de cheveux de l’époque.
Alors ça, le visuel c’est pas moi qui l’ai
fait. C’est FGL. Je trouve le visuel plutôt joli à
regarder, vendeur. Personnellement, je n’aurai pas choisi
ce visuel avec cette coupe de cheveux, c’est clair ! Cette
coupe remonte à 20 ans, et nous sommes en 2007 ! Cette
coupe me suit partout et ça n’a pas un grand intérêt
maintenant ! Mais quand j’ai en main le digipack je trouve
ça joli, alors pourquoi pas !
A l’époque de “Voyage Voyage”
avais-tu conscience de la puissance de ce look, de cette coiffure
?
C’est pas avoir conscience, je fais les choses de façon
spontanée. Je n’ai rien calculé. Mais j’avais
choisi ce look à l’époque, c’était
mon choix, sinon je ne me serai jamais présenté
comme ça. C’était le moment, un moment précis
d’une vie, on est comme on est. Pour la petite histoire,
on me reconnaissait comme ça, même de dos. Même
quand je portais une casquette et des lunettes !
Le début de ta carrière remonte à
1984 à Air 89.
C’est le début de la médiatisation. Un Cd
est sorti et deux singles “Cherchez l’amour fou”
en 1984 et “Qui peut savoir” en 1986. Avant cette
formation Air 89, cela faisait 5 ans que je faisais de la musique,
ce qui représente des années très importantes
puisque ce sont des rencontres avec des musiciens, mon travail
de chanteuse, mon expression, ma recherche. C’est vrai que
cette période avec Air 89 avec ses premiers titres commercialisés
est une période différente de la période
où je faisais mes titres car tu te trouves plongée
dans un nouvel univers: celui des médias, des maisons de
disques, des radios, des télés et le public, ce
qui est génial pour un artiste, c’est aussi le but
de cette communion.
As-tu des nouvelles des membres du groupe ?
Et bien tu vois, tout à l’heure, après notre
entrevue je retrouve Fred Milgram qui est toujours bassiste et
qui fait toujours de la musique. J’ai connu Fred alors qu’il
avait 18 ans ! Et nous collaborons toujours ensemble, nous venons
encore de composer un titre avec la complicité de Mic-Eco,
guitariste que je connais depuis quelques années déjà
et avec qui je travaille actuellement. Nous avons un nouveau répertoire
depuis un an que nous jouons sur scène. Ce sont des chansons
guitare-voix intimistes que j’adore.
En 1987, la France et l’Europe te découvrent
donc avec “Voyage voyage”. Etais-tu consciente de
détenir LE TUBE ?
Je suis convaincue de rien, sûre de rien et encore moins
de détenir ou chanter un “tube” ! Ce n’est
pas mon problème... Même si je trouve des chansons
meilleures que d’autres quand je travaille. Mais le “tube”,
je ne sais pas ce que c’est, c’est une magie qui se
passe à un moment donné.
“Voyage Voyage” a été travaillé
comme un tube...
Ce n’est pas à moi qu’il faut poser la question,
mais à Jean-Michel Rivat qui est auteur, co-compositeur
avec Dominique Dubois du titre et surtout businessman avertis.
Je suis “out” de tout ça. Je me suis trouvée
là sur le chemin, j’ai eu la chance que cette chanson
arrive et que je l’incarne. Je suis content de ça,
ensuite c’est la magie. “Voyage Voyage” est
une excellente chanson, car Jean-Michel est un auteur confirmé,
inspiré et intelligent. “Voyage, voyage” a
aussi bien marché grâce aussi à toutes l’équipe
de musiciens, d’ingénieurs du son mais aussi des
gens de la maison de disques, de la promo. A l’époque,
les personnes qui travaillaient la dedans étaient dans
le feeling. Ces personnes-là défendaient leur passion.
Pareil pour le monde des radios libres, à l’époque
les personnes qui travaillaient la dedans était motivées,
s’investissaient. Le succès est la base de tout ça.
Bon ensuite tu as le public qui réagit ou non.
A mon grand étonnement ni “Voyage voyage”,
ni “John” n’ont été enregistré
en anglais, chose courante à l’époque .
Premièrement, je pense que la langue française est
une très belle langue. Deuxièmement, Jean-Michel
Favat, auteur de la chanson, est quelqu’un qui travaille
au niveau de l’écriture, de la mélodie, du
son. C’est-à-dire, même si on comprend pas
les paroles, les sons, les phonèmes, sont beaux. Quand
j’écoute une chanson en anglais, je ne comprends
pas tout, mais les mots employés font de sorte que je sois
touchée. Je ne vois pas pourquoi le français ne
permettrait pas cela. Donc si on avait enregistré “Voyage,
voyage” en anglais, en italien ou autre, je pense qu’on
aurait tué la chanson.
La décennie 80 est également LA décennie
du clip.
Je trouve l’idée des clips originale, même
si ce n’est pas mon univers. Je trouve des scènes
dans “Voyage voyage” ou “John” très
drôles. Tous les clips que j’ai pu faire, c’est
avant tout l’univers de réalisateur, comme Bethina
Reims, Arnaud de Sélignac avec qui j’ai travaillé.
J’ai un excellent souvenirs du clip “Qui sommes-nous
?” à base d’images de synthèse inspiré
de Magritte.
Lors de la sortie du quatrième single “Elle
est comme les étoiles”, j’ai le souvenirs d’un
ras le bol ?
A cette époque-là, la maison de disque à
augmenté la pression, a mis la pression à Jean-Michel,
il se peut, aussi, qu’il se soit éloigné de
la magie qui se passait entre nous; il se posait peut-être
un peu trop de questions. C’est ce que j’ai ressenti.
J’ai également ressenti le fait de ne plus trop diriger
quoi que ce soit. Mes pochettes de disques, mes vidéos,
mes concerts... Autant ma confiance était entière
envers Jean-Michel au départ de l’aventure “voyage”,
autant les personnes qui me parlaient cette époque-là...
je ne sentais plus le feeling.
Le deuxième album arrive donc en 1994 avec une
Désireless new look.
J’ai pris beaucoup de plaisir à faire ce deuxième
album “I love you” avec Charles France. Nous avons
été signé chez AB par Jean-Michel Fava qui
m’avait signé à l’époque chez
CBS. Pour ce deuxième album, j’aurai aimé
avoir un réalisateur, nous ne l’avons pas eu, nous
avons travaillé seul, Charles et moi. Nous avons donc fait
ce que nous avons pu dans un milieu qui ne nous correspondait
pas complètement. Avec le recul, cet album je l’aime
quand même bien, même si je trouve les maquettes quelquefois
mieux que les originaux studios. Cet album “I love you”
est le fruit dune collaboration, celle de Charles et moi, Charles
est un ami depuis de nombreuses années. Côté
look, j’ai eu des pressions à cette époque-là,
mais chacun a fait ce qu’il a pu. Côté single,
nous avons extrait “Il dort” qui n’était
peut être pas le morceau à extraire, j’aurai
préféré “Les escaliers du bal”
que j’adore et qui n’a rien à voir avec “Il
dort” qui était dans un esprit beaucoup plus “Voyage
voyage”. Mais c’est un album que j’aime, Charles
et moi avons passé deux années à faire cet
album. Je me souviens d’une tournée Fnac qui nous
a bien éclatée.
On perd ensuite rapidement ta trace. Mais où étais-tu
passée?
Et bien c’est là que je suis partie dans la drôme.
Et chose bien évidemment importante dans la vie d’un
artiste, j’ai continué à faire de la musique,
à me produire dans des chapelles, à garder le contact
avec les gens.
Depuis de nombreuses années, les années
80 reviennent en force. Que penses-tu de la décennie 80s
?
Ecoute, je viens d’enregistrer “Vivement Dimanche”
de Michel Drucker, en écoutant les artistes de cette époque-là
je me suis rendue compte que chaque artiste était différent
avec pour chacun sa propre identité. Pour les chansons,
même chose, chacun venaient avec son texte, des textes très
différents, des ambiances différentes. Une chose
est sûre, tout était fait dans la gaieté.
Le nouvel album “More love and good vibrations”
est disponible sur i-tunes en téléchargement légal.
Qu’en penses-tu ?
Le téléchargement légal permet de vendre
la musique différemment et de rester dans le circuit commercial.
Puis le disque est devenu tellement cher. J’ai des amis
qui me téléchargent légalement de la musique,
c’est très bien. L’artiste doit continuer de
pouvoir vivre. L’artiste a beaucoup de mal à vivre
s’il n’est pas “maqué” ou “esclave”
d’une maison de disques, et tout ce qu’il y a autour.
Si l’artiste décide de rester indépendant,
c’est difficile de vivre. Une façon de survivre est
de se produire sur scène. Il n’y a que par la scène
qu’il peut encore se faire un peu d’argent... puis
il y a le contact avec le public... magique.
Surfes-tu beaucoup sur le net ?
Je ne vais pas beaucoup sur Internet. Je fais d’autres choses,
j’ai des habitudes différentes, j’aime le silence,
regarder le ciel ou mon feu de cheminée... puis les journées
n’ont que 24 heures ! (Rires). Internet cependant représente
un moyen d’expression, de communication génial.
Ce mois de mars voit le démarrage de la tournée
RFM Party 80.
Je suis très heureuse de faire partie de cette tournée,
de retrouver d’autres artistes, certains que je connais,
d’autres moins, mais nous avons le sourire aux lèvres
et je pense que cette tournée va être sympa. Maintenant,
ce que je souhaite est que cette tournée soit le démarrage
pour repartir sur les routes et présenter individuellement
nos titres, tout notre travail de toutes ces années. Si
les gens nous ont aimé durant les années 80, je
pense qu’ils peuvent nous aimer en 2007 et 2008. Nous sommes
les mêmes, un peu plus vieux, un peu moins con mais toujours
aussi naïfs et plein d’amour !
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