Trois
ans après “Les amants de Castille”, nouveau
changement, nouveau cap, un style différent avec ce nouvel
album “The missing flowers”. Quel est le point de
départ de ce nouvel album ?
C’est une rencontre, celle d’avec DJ Esteban, et une
envie de travailler ensemble. C’est cette rencontre qui
marque cette différence, ce n’est pas Jeanne Mas
qui fait aujourd’hui de la disco, c’est absurde !
Cet album est signé par nous deux. C’est donc une
rencontre et la production d’un album avec des arrangements
différents, des mélodies différentes, mais
c’est toujours moi qui chante. Il y a des textes en anglais,
en espagnol, parce qu’il y a dans ce nouvel album des textes,
joyeux, vifs.
Tu viens de le dire, cet album contient des textes en
anglais, en espagnol et en français. La musicalité
d’Esteban t’orientait-elle quant au choix de la langue
à employer ?
Oui, tout à fait. La première chanson que nous avons
travaillé était en anglais. Vu que je suis ni anglaise,
ni américaine, je n’ai pas voulu un album en anglais,
mais un mélange de langues, de sonorité. J’aime
la langue américaine pour certaines mélodies et
la langue espagnole pour d’autres. Et je garde le français
puisque “Un air d’Argentine” le nouveau single
est en français.
Ce nouvel album “The missing flowers” me fait
penser au virage de 1994 avec le single “C’est pas
normal”. A l’époque tu annonçais même
un album chez AB productions qui finalement n’est pas sorti.
Cela veut-il dire qu’il est plus facile aujourd’hui
de sortir un album avec sa propre structure qu’avec une
major ou une maison de disques ?
Je ne veux plus travailler avec les majors, tu vois. Je veux rester
indépendante, c’est clair. Rester indépendante
me laisse entièrement libre du choix musical. J’en
ai assez que l’on me dise ce qu’il faut faire, marre
que l’on me dise la direction à prendre, marre que
l’on décide pour moi. J’ai donc monté
ma propre structure, je fais ce que j’ai envie de faire.
Ensuite ça passe ou ça casse. Mais je sais ce que
j’ai envie de faire et je le fais.
Peux-tu nous présenter La Blonde ?
La Blonde, c’est tout simplement l’envie de ne plus
être Jeanne Mas pendant quelques temps. Ce qui est tout
à fait logique à partir du moment où certains
médias, vis à vis de mon nom pensent “Jeanne
Mas, années 80”. OK. La seule chose est que moi,
j’ai envie de créer, alors si mon nom vous pose un
problème, j’en change. Et je changerais de nom mille
fois s’il le faut, tant que je m’éclate à
faire ce que j’ai envie de faire ! (Rires). Et la couleur
des cheveux, et la couleur de la chemise ! (NDLR: Jeanne porte
une chemise aux couleurs vives).
Je sais que tu as besoin de calme pour vivre et te reposer.
Après quelques années passées à la
campagne dans le sud de la France puis dans la région parisienne,
te voici dans l’une des plus grandes villes des Etats-Unis.
Comment vis-tu ? Quelle est une journée type de Jeanne
Mas ?
La première année a été terrible car
à Los Angeles tout résonne ! Je suis devenue folle
avec ce bruit, ce résonnement, les camions. A part ça,
une journée type ? Je me lève très tôt,
aux alentours de 5H30 - 6H00. Je vais faire du sport. Puis j’accompagne
mes enfants, l’un à l’école, l’autre
à l’Université. Puis je fais mes courses,
je rentre à la maison préparer ma journée.
L’après-midi je travaille, soit mes textes, soit
mes photos. Je travaille avec mon assistante, on voit les commandes...
Puis je m’accorde un break; j’ai la chance de vivre
à Santa Monica donc je peux aller marcher. Puis je rentre
m’occuper de mes enfants.
Où a-t-on des chances de te voir ?
A los Angeles ? Je sors très peu. En fait, Los Angeles
bouge pas beaucoup, si je sors c’est pour m’aérer
ou faire les boutiques qui sont ouvertes très tard. J’adore
aussi aller à la bibliothèque. Sinon je reçois
mes amis à la maison. Mais tu sais en règle générale
je sors très peu et j’aime rester à la maison
avec mes enfants. Puis les distances sont immenses à Los
Angeles, tu vis donc isolé. Mais c’est pas grave,
quand tu descends dans la rue, les gens te disent bonjour, tous
le monde se dit bonjour là-bas ! Tu n’es jamais donc
très seul.
Propos recueillis par Patrick Roulph.
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