Quand madonna kiffe sa vibes

Depuis Confessions on the dance floor, la survitaminée quinqua n’a pas chômé : une adoption controversée, une ligne de fringues pour H et M épuisée en quelques jours, la réalisation d’un film Filth and wisdom présenté dernièrement au festival de Berlin…En attendant la sortie du documentaire qu’elle produit, I am because we are consacré aux enfants du Malawi, Madonna repart à la conquête des charts avec Hard Candy. Un album « wesh ma gueule » explosif !
Après l’euro disco, place à la variété américaine hip-hop et r’n’b
C’est désormais un rituel sacré : à chaque nouvel album, Madonna nous offre un nouveau personnage. En 2003, elle revêt le costume du Che pour combattre la politique de G. W Bush. Puis face à l’échec d’American Life, elle choisit la futilité et fête 2 ans avant sa date anniversaire la musique disco. Madge enfile alors l’académique de Véronique et Davina et se confesse sans retenue sur le dance-floor. Carton planétaire : près de 10 millions d’albums se vendent dans le monde, en pleine crise du disque. Quant à la tournée Confessions Tour, elle est à ce jour la plus lucrative de l’histoire de la musique.
Après 25 ans de carrière et l’interprétation d’une bonne centaine de personnages, comment Madonna allait-elle pouvoir se renouveler tout en restant en haut des charts ? Réponse : en adoptant la street attitude ! Des sonorités urbaines signées des producteurs en vogue Timbaland et Pharell Williams, des featuring signés Justin Timberlake, un premier single imparable au clip tapageur, Hard candy, onzième album-studio de la madone est bien parti pour réitérer les scores de ventes de son prédécesseur. Moins d’un mois après le lancement de 4 minutes, la star fait tomber les records détenus par le King Elvis Presley en plaçant son 37ème titre dans le Top 10. Et vu le nombre de tubes potentiels que compte Hard candy, la showgirl peut déjà s’attaquer au record des Beatles, prétendus indéboulonnables premiers de la classe. Armée de Give it to me, The beats go on, Dance tonight ou encore Spanish lessons, elle réussira sans encombre à dépasser les quatre garçons dans le vent.
Dans le vent justement, Timbaland l’est ! Et on pourrait d’ailleurs regretter que Madonna ait jeté son dévolu pour son nouvel opus sur ce producteur omnipotent depuis plus de 10 ans. Avec Massive Attack, William Orbit, Mirwaïs comme collaborateurs récents, l’américaine avait su remporter l’adhésion de la critique musicale la plus pointue. Pas sûr que l’artillerie lourde et clinquante de Timbaland, bling-bling à souhait, fasse l’unanimité. Et de savoir que le dernier single de M. Pokora est signé du même Timbaland, donne soudainement un côté un peu loose à la nouvelle collaboration de Madonna. Heureusement, la chanteuse ne s’est pas fait happer par les énormes beats du producteur. Encore une fois, elle a su vampiriser un son novateur et lui insuffler sa Madonna’s touch. Le navire Hard candy est bel et bien sauvé.
Des chiffres, du rendement, du classement… Madonna a toujours allié l’artistique au commercial. Bien souvent subtilement, parfois grossièrement, mais quasiment toujours avec succès, MDolla, la boxeuse qu’elle interprète, jambes écartées, sur la pochette Hard candy donne le ton. La star est prête à monter sur le ring et se battre pour garder son titre de reine de la pop.

 

Un nouveau virage dans sa carrière
Hard Candy est le dernier album studio que Madonna doit à Warner, sa maison de disques depuis 25 ans. Warner est pleinement confiante sur le succès annoncé de cet ultime album. Alain Veille, patron du label en France, est convaincu de disposer d'une oeuvre au potentiel commercial énorme, qui promet a priori des chiffres de ventes «à l'ancienne», comparables à ceux d'avant la crise qui a vu baisser de moitié en cinq ans le chiffre d'affaires du disque. «Madonna a bravé la crise du marché, explique-t-il, et elle est pionnière sur le digital. Elle a épousé tous les nouveaux modes de consommation de la musique.»
Une fois la tournée d’Hard candy et l’incursion de Madge dans le hip-hop terminées, la star n'aura plus de maison de disques, puisqu'elle a signé le plus spectaculaire des contrats «360» (c'est-à-dire englobant toute son activité en studio et sur scène) avec son producteur de spectacles, le géant Live Nation. Première à se lancer dans cette aventure post-crise du disque, Madonna prouve, si nécessaire, son audace de business woman en empochant pas loin de 150 millions d’euros à la signature du contrat.
Mais artistiquement, quelle forme prendra ce partenariat d’un nouveau genre ? Et surtout quel sera le prochain rôle qu’endossera Madonna ? L’avenir nous le dira, mais pour l’instant la belle nous ordonne sur toutes les ondes: « Come on boy, I've been waiting for somebody to pick up my stroll ». Et une armée de fans de lui obéir. Comme toujours !
(par Cédric CHAORY.)
Hard candy, Madonna (Warner. Sortie le 25 avril 2008)



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